Vincent Godeau
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Afrique in visu, "La photographie africaine contemporaine", 2011
"Biennale de Bamako", interview de Vincent Godeau par Matthias Turcaud, 2018
Africavivre, "Malick Sidibé couronné par les médias", 2018
Le Journal des Arts, Christine Coste, "Vincent Godeau, la photographie africaine contemporaine", 2016
 
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Un dimanche au bord de la mer 2012
Fenêtres 1980
Célibataires 1983
Opération Tonnerre 1985
Narcisses 1986
Mère et Fils 1989
Modern Reisen 1989
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La chambre blanche 1994
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EVENEMENTS EN VUE  
3/9/2018 Ethiopian Photographic Crossroads - a collective photo exhibition
Ethiopian Photographic Crossroads - a collective photo exhibition
This exhibition, curated by Vincent Godeau, gathers different existing works made by a new generation of Ethiopian photographers, who is passionately involved in eclectic subjects.
We should certainly wonder how those photographers have heard and caught the beats of their gigantic country, where oral tradition and sounds in daily life are a real fact. We should rather speak to the minds of the young ones harboring such a habit of digital sensitiveness.
One can feel that the country is for everyone a homeport, that her sap infuses photography.Because there is a common behavior in front of the worked out themes. What is the most dominant and seems to be really precious in the photographic production of the Ethiopian youth, is the spirit of celebration that impregnates the whole works.
Addis Ababa, the capital city, is contemplated, savoured along with solitary walks : the proud tone of the images produced has sometimes hagiographic content. The celebration of life or the vibrant expression of a taste of freedom by young people, being free from any historical influences, enjoy to dress up with the light garment of street photographers is a beautiful artistic reality.
Those street photographers, as they named themselves, express the juice of a megalopolis by saying yes with one click to the visions that only them perceive, finally saluting the extraordinary natural light that sculpts a whole country.
Vincent Godeau. Addis Abeba
Exhibition closes on Sept 22nd.

Photography : Zelalem Gizachew
3/9/2018 « Ethiopian Photographic Crossroads » du 3 au 22 septembre 2018
The young Ethiopian Photography
Alliance éthio-française d’Addis Abeba

Commissariat Vincent Godeau


Présentation de l’exposition

Imposer un thème aux participants d’une manifestation artistique n’est pas une obligation. Se positionnant différemment, la grande exposition de photographes éthiopiens, proposée par l’Alliance française dans le cadre du « Carrefour libre de la photographie », a choisi de réunir des travaux existants réalisés par une nouvelle génération qui s’intéresse passionnément à des sujets fort différents les uns des autres.

On pourrait certes se demander comment ces photographes ont entendu et capté les pulsations de leur immense pays où la tradition orale et un quotidien sonore sont un fait. Nous évoquerons plutôt l’état d’esprit qui habite ces jeunes sensibilités numériques :

on sent que le pays est pour tous un port d’attache, que sa sève infuse chaque photographie.
Car il y a une attitude commune face aux sujets traités. Ce qui domine et me semble précieux dans la production photographique de la jeunesse éthiopienne, c’est l’esprit de célébration qui imprègne l’ensemble des réalisations. La ville d’Addis Ababa est contemplée, savourée au cours de marches solitaires : la fière tonalité des images produites a parfois une teneur hagiographique. Sont par exemple donnés à voir des promeneurs enluminés par une atmosphère féérique; un prêtre en gloire entouré de fidèles hautement respectueux; ou des intérieurs ingrats magnifiés par la grâce d’un regard.

La célébration de la vie ou l’expression vibrante d’un goût de la liberté chez des jeunes gens qui prennent plaisir, vierges d’influences historiques, à passer le costume léger du street photographer est une belle réalité artistique. Ces photographes de rue, comme ils se nomment eux-mêmes, expriment le suc d’une mégalopole en acquiesçant d’un clic aux visions qu’eux seuls perçoivent, saluant au passage l’extraordinaire lumière naturelle qui sculpte un pays entier.

Vincent Godeau 26 juin 2018


Photo : Meliksenay Debas - Spirit of Irrecha
16/4/2017 « Tukul du Livre » - la foire du livre francophone de l'Alliance franco-ethiopienne
Vincent Godeau interviendra ce samedi 21 avril 2017 à 12 heures sur le sujet suivant : «les photos phares de la photographie africaine contemporaine»
30/5/2012 Un dimanche à Libreville
Protégée du temps, Libreville est la capitale confortable du Gabon, petit pays traversé par la ligne imaginaire de l’Equateur.....
Voir sur : Best regards

18/5/2012 Un dimanche a Libreville
Rendez-vous dans un bar à ciel ouvert avec Vincent Godeau, photographe
Article sur LIBERATION par Brigitte Ollier
VOIR L'ARTICLE

2011 LE FABULEUX OU LA VIE D'UN PUR-SANG
Christophe Donner (textes), Vincent Godeau (photos)
Editions La Martinière, Paris, mai 2011
www.christophedonner.com/
www.editionsdelamartiniere.fr/
2010 Sangs mêlés
Exposition, 28 octobre - 29 novembre 2010
Alb Antiquités
3 rue de LIlle, 75007 Paris
tél : 01 47 03 45 58

www.carrerivegauche.com


Le trouble identitaire

A propos de Sangs Mêlés, série photographique de Vincent Godeau Il n’y a pas d’image philosophique. Encore moins morale. Les tentatives des maîtres anciens ont toutes abouti, à ma connaissance, à l’impasse des dogmes, à l’asphyxie des plaintes. Le message accable l’art.

La philosophie, pourtant, sait produire du beau. A l’apparition d’un concept, une lumière jaillit qui vous va droit au cœur, comme à l’instant d’une découverte mathématique, et on s’écrie, C’est magnifique.

Y aurait-il alors une création assez discrète, aux mains d’un artiste raisonnablement impliqué, pour produire une question métaphysique sous l’empire une esthétique propre ?

C’est sans doute ce que les photographes surréalistes ont cherché, à la prise de vue, au tirage, ou au collage. Mais ces œuvres étaient-elles encore photographiques, leur objet était-il encore l’inscription de la lumière ? Ils ont été dévorés par l’arrogance des poses provocatrices, qui les ont conduits presque directement au musée, sans l’épreuve du temps. Ils font date, au mieux, dans une histoire de l’ironie.

Cela pour dire tout ce que le travail de Vincent Godeau n’est pas. Et parvient à être, une photo éthique. Mais a-morale, car Dieu le garde, en effet, puisque chez lui, et c’est encore plus visible dans cette série, la lumière fait tout le travail.

La couleur des modèles ne vaut que par la lumière qu’ils renvoient. Ils sont troublés, ces parents, ces enfants de n’être ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait des autres. Et nous ne savons pas où les reconnaître, les identifier. Alors on cherche et Vincent Godeau, qui avoue ne pas très bien savoir pourquoi, place sous violence de l’interrogation, un socle végétal qui apaise. Le pacte des pigments dessine une injonction : Signez !, bruissent les feuilles hybrides.

Godeau avait déjà montré dans « Mère et fils » les trajectoires de la beauté le long des rides et des inquiétudes filiales. Beauté comme Je te tiens. Et l’âge fixé par le photographe, moins comme une différence qu’un espace, ce qu’on appelle aussi Respirer le même air.

Mais là, avec Sang mêlé, ce sont les continents et les sexes qui entrent en scène. On sait le photographe troublé de transmettre une telle énigme, et les modèles inquiets de l’imaginer résolue. Ils sont la goutte de sang suspendue à la pointe du sabre qui vient de les marquer du signe de l’infamie. Ils sont seuls, ils résistent à la prochaine folie des autres, les normaux, les unis, les sûrs de soi. Je les sens magnifiquement provisoires, comme témoins d’un massacre à venir. Je retrouve le réflexe qu’ont toujours provoqué les photos de Vincent Godeau, et qui consiste, au-delà du regard, à en profiter.

Christophe Donner

Sangs mêlés


J’ai commencé de photographier les enfants de couples mixtes avec leurs parents en 2005. Repérer un métis dans les rues de Paris était assez simple. Il s’avéra plus difficile de réunir la famille, et ce dans la mesure où les parents vivaient dans d’autres villes, ou bien s’étaient séparés.

En septembre 2005, je débarquai au Gabon, à Libreville. Il y a à Libreville un lycée français. Ce lycée m’avait engagé comme professeur de lettres. Je me rappelle ma stupéfaction lorsque je découvris que les élèves de cet établissement étaient souvent des métis. Dans les classes qui m’avaient été attribuées, nombre de jeunes gens affichaient la tiède couleur de peau après laquelle j’avais courue en France.

Ménageant une direction ô combien fiévreuse, j’organisai les prises de vue tant désirées. L’enfant métis était placé au centre de l’image, le père sur sa droite, la mère sur sa gauche, même si parfois, sous le coup de l’émotion, j’inversais sans m’en rendre compte la place occupée par les parents.

Dans le même temps, ébahi par la nature qui s’exprimait là-bas de manière confuse et débridée, je juxtaposais les photos de ces familles métis avec des photographies de plantes bariolées que j’appelais, elles aussi, métis.

Mais comment véritablement justifier - se justifier est une obligation - l’impulsif dispositif binaire lyriquement adopté pour la présentation de ces photographies ?

Je pourrais avancer qu’une idée importante, une sorte de flash visuel, est à l’origine de ce choix de la superposition systématique de deux images. Mais franchement, cela ne regarde pas grand monde, ça n’est qu’un petit secret, misérable, comme tous les autres secrets.

Ce qui est plus aisé à faire partager, c’est ce qu’on sait sur la façon dont ce thème du métissage a déjà été investi par d’autres photographes. En 2010, une photo, « Zulu Sushi » (parue en 2005 dans un catalogue sud-africain) happa mon regard. « Zulu Sushi », qui ne montre pas le métissage à proprement parler, est la photo d’un fascinant couple nippo-zulu, bras dessus, bras dessous, deux beautés absolues, immobiles, coïts imaginaires forcément situés dans le hors champ de cette image remplie de cerisiers enneigés et probablement trafiqués.

Mais une autre lecture de ce travail est possible, celle du métissage comme vecteur de paix. Apprenant au fil des années à mieux connaître la société gabonaise, je finis par penser qu’une des raisons de la stabilité politique tellement vantée de ce petit pays africain pouvait aussi résider dans l’entremêlement de populations d’origines diverses. Le Noir Ali Bongo, successeur prévisible de son père Omar à la tête du fameux Etat pétrolier, n’avait-il pas épousé, lui aussi, une Française, blanche de peau ?

Vincent Godeau

2010 Photographies africaines
Vente eux enchères, mardi 23 novembre 2010
Pierre Bergé & Associés, Bruxelles

www.pba-auctions.com
2010 L'enfant flou
Exposition collective, 27 octobre - 6 décembre 2010
Galerie Agathe Gaillard
3 rue du Pont Louis Philippe, 75004 Paris
tél : 01 42 77 38 24

www.agathegaillard.com/
 
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