Vincent Godeau
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16/4/2017 « Tukul du Livre » - la foire du livre francophone de l'Alliance franco-ethiopienne
Vincent Godeau interviendra ce samedi 21 avril 2017 à 12 heures sur le sujet suivant : «les photos phares de la photographie africaine contemporaine»
30/5/2012 Un dimanche à Libreville
Protégée du temps, Libreville est la capitale confortable du Gabon, petit pays traversé par la ligne imaginaire de l’Equateur.....
Voir sur : Best regards

18/5/2012 Un dimanche a Libreville
Rendez-vous dans un bar à ciel ouvert avec Vincent Godeau, photographe
Article sur LIBERATION par Brigitte Ollier
VOIR L'ARTICLE

2011 LE FABULEUX OU LA VIE D'UN PUR-SANG
Christophe Donner (textes), Vincent Godeau (photos)
Editions La Martinière, Paris, mai 2011
www.christophedonner.com/
www.editionsdelamartiniere.fr/
2010 Sangs mêlés
Exposition, 28 octobre - 29 novembre 2010
Alb Antiquités
3 rue de LIlle, 75007 Paris
tél : 01 47 03 45 58

www.carrerivegauche.com


Le trouble identitaire

A propos de Sangs Mêlés, série photographique de Vincent Godeau Il n’y a pas d’image philosophique. Encore moins morale. Les tentatives des maîtres anciens ont toutes abouti, à ma connaissance, à l’impasse des dogmes, à l’asphyxie des plaintes. Le message accable l’art.

La philosophie, pourtant, sait produire du beau. A l’apparition d’un concept, une lumière jaillit qui vous va droit au cœur, comme à l’instant d’une découverte mathématique, et on s’écrie, C’est magnifique.

Y aurait-il alors une création assez discrète, aux mains d’un artiste raisonnablement impliqué, pour produire une question métaphysique sous l’empire une esthétique propre ?

C’est sans doute ce que les photographes surréalistes ont cherché, à la prise de vue, au tirage, ou au collage. Mais ces œuvres étaient-elles encore photographiques, leur objet était-il encore l’inscription de la lumière ? Ils ont été dévorés par l’arrogance des poses provocatrices, qui les ont conduits presque directement au musée, sans l’épreuve du temps. Ils font date, au mieux, dans une histoire de l’ironie.

Cela pour dire tout ce que le travail de Vincent Godeau n’est pas. Et parvient à être, une photo éthique. Mais a-morale, car Dieu le garde, en effet, puisque chez lui, et c’est encore plus visible dans cette série, la lumière fait tout le travail.

La couleur des modèles ne vaut que par la lumière qu’ils renvoient. Ils sont troublés, ces parents, ces enfants de n’être ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait des autres. Et nous ne savons pas où les reconnaître, les identifier. Alors on cherche et Vincent Godeau, qui avoue ne pas très bien savoir pourquoi, place sous violence de l’interrogation, un socle végétal qui apaise. Le pacte des pigments dessine une injonction : Signez !, bruissent les feuilles hybrides.

Godeau avait déjà montré dans « Mère et fils » les trajectoires de la beauté le long des rides et des inquiétudes filiales. Beauté comme Je te tiens. Et l’âge fixé par le photographe, moins comme une différence qu’un espace, ce qu’on appelle aussi Respirer le même air.

Mais là, avec Sang mêlé, ce sont les continents et les sexes qui entrent en scène. On sait le photographe troublé de transmettre une telle énigme, et les modèles inquiets de l’imaginer résolue. Ils sont la goutte de sang suspendue à la pointe du sabre qui vient de les marquer du signe de l’infamie. Ils sont seuls, ils résistent à la prochaine folie des autres, les normaux, les unis, les sûrs de soi. Je les sens magnifiquement provisoires, comme témoins d’un massacre à venir. Je retrouve le réflexe qu’ont toujours provoqué les photos de Vincent Godeau, et qui consiste, au-delà du regard, à en profiter.

Christophe Donner

Sangs mêlés


J’ai commencé de photographier les enfants de couples mixtes avec leurs parents en 2005. Repérer un métis dans les rues de Paris était assez simple. Il s’avéra plus difficile de réunir la famille, et ce dans la mesure où les parents vivaient dans d’autres villes, ou bien s’étaient séparés.

En septembre 2005, je débarquai au Gabon, à Libreville. Il y a à Libreville un lycée français. Ce lycée m’avait engagé comme professeur de lettres. Je me rappelle ma stupéfaction lorsque je découvris que les élèves de cet établissement étaient souvent des métis. Dans les classes qui m’avaient été attribuées, nombre de jeunes gens affichaient la tiède couleur de peau après laquelle j’avais courue en France.

Ménageant une direction ô combien fiévreuse, j’organisai les prises de vue tant désirées. L’enfant métis était placé au centre de l’image, le père sur sa droite, la mère sur sa gauche, même si parfois, sous le coup de l’émotion, j’inversais sans m’en rendre compte la place occupée par les parents.

Dans le même temps, ébahi par la nature qui s’exprimait là-bas de manière confuse et débridée, je juxtaposais les photos de ces familles métis avec des photographies de plantes bariolées que j’appelais, elles aussi, métis.

Mais comment véritablement justifier - se justifier est une obligation - l’impulsif dispositif binaire lyriquement adopté pour la présentation de ces photographies ?

Je pourrais avancer qu’une idée importante, une sorte de flash visuel, est à l’origine de ce choix de la superposition systématique de deux images. Mais franchement, cela ne regarde pas grand monde, ça n’est qu’un petit secret, misérable, comme tous les autres secrets.

Ce qui est plus aisé à faire partager, c’est ce qu’on sait sur la façon dont ce thème du métissage a déjà été investi par d’autres photographes. En 2010, une photo, « Zulu Sushi » (parue en 2005 dans un catalogue sud-africain) happa mon regard. « Zulu Sushi », qui ne montre pas le métissage à proprement parler, est la photo d’un fascinant couple nippo-zulu, bras dessus, bras dessous, deux beautés absolues, immobiles, coïts imaginaires forcément situés dans le hors champ de cette image remplie de cerisiers enneigés et probablement trafiqués.

Mais une autre lecture de ce travail est possible, celle du métissage comme vecteur de paix. Apprenant au fil des années à mieux connaître la société gabonaise, je finis par penser qu’une des raisons de la stabilité politique tellement vantée de ce petit pays africain pouvait aussi résider dans l’entremêlement de populations d’origines diverses. Le Noir Ali Bongo, successeur prévisible de son père Omar à la tête du fameux Etat pétrolier, n’avait-il pas épousé, lui aussi, une Française, blanche de peau ?

Vincent Godeau

2010 Photographies africaines
Vente eux enchères, mardi 23 novembre 2010
Pierre Bergé & Associés, Bruxelles

www.pba-auctions.com
2010 L'enfant flou
Exposition collective, 27 octobre - 6 décembre 2010
Galerie Agathe Gaillard
3 rue du Pont Louis Philippe, 75004 Paris
tél : 01 42 77 38 24

www.agathegaillard.com/
 
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